|
Juillet-Août 2003
Au sommet alternatif du
G8
Une éthique des relations
économiques
|
Le Mouvement des Focolari a participé au Sommet altermondialiste
– en contrepoint du G8 à Evian du 28 mai au 3 juin
2003 – dans le cadre d’initiatives organisées
par un collectif européen d’associations, de syndicats,
de mouvements, de partis et d’ONG (Organisations non gouvernementales).
|
Il n’y a pas eu que des
casseurs, début juin en Haute-Savoie. S’il fut l’occasion
de quelques débordements violents, le sommet du G8 à
Evian les 1er et 2 juin derniers a aussi été un moment
d’intenses débats, qui a réuni des milliers de
participants des deux côtés de la frontière franco-suisse.
Grâce à la réunion, si contestée, des huit
« maîtres du monde », des hommes et des
femmes de tous âges se sont rencontrés ; ils ont
confronté leurs idées pour changer le monde, ou tout
au moins pour ne pas l’accepter tel qu’il apparaît
si fréquemment, cynique et froid, régi par la seule
loi du plus fort.
Une expérience
humble mais concrète
| Parmi ces multiples carrefours, dans la
salle de gym d’un lycée d’Annemasse, cinq personnes
ont pris le micro, l’espace d’une soirée, pour
partager leur proposition. Jean-Jacques, José, Jean-Michel,
Fernand, et Chantal, experts de l’économie de communion,
ont donné à une assemblée clairsemée
mais très attentive les éléments de base
de leur expérience économique. |
 |
Une expérience humble
mais concrète, fruit d’une vie réelle ou, comme
l’a déclaré un anonyme dans le public « une
réponse chargée d’espoir à l’immense
problème de la pauvreté ». « C’est
d’une « économie de la relation qu’il
s’agit », souligna Jean-Jacques Argenson. Cette définition
dit bien l’importance que ses acteurs donnent à la personne
humaine, elle répond de manière fort adéquate
au vide souvent laissé par l’économie mondiale,
qui a tendance à remplacer les gens – employés
ou directeurs, producteurs ou consommateurs — par des rôles
déshuma-nisés, des fonctions sans âme.
Après douze ans de développement
continu, l’économie de communion concerne aujourd’hui
764 PME (Petites et moyennes entrepri-ses), dont une dizaine rassemble
plus de cent employés, au nord comme au sud de la planète,
souvent articulées autour de l’une ou l’autre des
32 cités-pilote du Mouvement des Focolari. On connaît
ses buts, le partage des bénéfices avec les plus démunis.
Mais au-delà des résultats matériels, les entrepreneurs
de cette économie-là diffusent un bien immatériel,
pour lequel il n’existe aucune statistique, mais qui n’en
est pas moins « pro-fitable » à tous :
des relations respectueuses de chacun, qu’il soit nanti ou démuni.
Centrée sur la personne, l’économie de communion
a donné naissance à une véritable « éthique
des relations », commerciales ou autres. « Nous avons
opté pour la confiance » déclara Chantal Grevin
à Annemasse, en réponse à une question incisive
du public. C’était la claire affirmation d’une
vision positive de l’humanité. Déclaration motivée
par une culture du partage qui croit l’homme capable de donner,
et de se donner, sans forcément être intéressé
par un retour quelconque.
A.D
|