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  ACTUALITÉ FOCOLARI

Février 2005

L'Économie de Communion aux Nations Unies à Genève

Chaque année, l’ONU organise une Journée Internationale pour l’éradication de la pauvreté.
En 2004, New Humanity/Humanité Nouvelle,
ONG (Organisation Non Gouvernementale) du Mouvement des Focolari ayant un statut consultatif auprès des Nations Unies, a présenté, en collaboration avec le Haut Commissariat aux droits de l’homme, le projet de l’Economie de Communion.

Alberto Ferruci a présenté l’histoire de l’Economie de Communion et Luca Crivelli, économiste, une réflexion sur la pauvreté et l’économie à visage humain. Mais la véritable nouveauté – dans ces salles pourtant habituées à écouter les conférences les plus sophistiquées et les plus diverses – est venue du témoignage de José Luis Berriel, un Uruguayen, père de six enfants, qui a fait revivre la réalité de la souffrance d’un peuple affecté par les effets collatéraux de la mondialisation. Et, grâce à de multiples exemples concrets, il a montré comment on pouvait affronter différemment ces situations, quand on véhiculait une culture de communion.

Témoignages de personnes et d’entreprises

« Dans notre quartier, a raconté José Luis Berriel, le nombre des femmes et des enfants ayant besoin d’être aidés augmente de jour en jour. Nos voisins se sont mis à élever de hauts murs autour de leurs maisons pour se protéger du vol. Mais nous, considérant que ce que nous possédons est un cadeau de Dieu, nous avons plutôt cherché à faire en sorte que quiconque sonne à notre porte puisse recevoir quelque chose : de la nourriture, des vêtements, un sourire, un moment de compagnie. Voyant cela des voisins ont commencé à nous amener des vêtements ou autres objets en nous disant : « Cela ne nous sert plus et vous saurez sûrement à qui en faire profiter». Ainsi il y a toujours, dans un endroit de notre maison, des biens à partager. »
Puis, avec une grande simplicité, José Luis raconte une autre expérience : « Au début des années 90, je travaillais dans une multinationale comme électromécanicien, quand j’appris que la direction avait décidé d’arrêter la production en Uruguay. Sur les cinq postes de travail de notre secteur, un seul devait rester, le mien en l’occurrence, car j’étais le seul capable d’effectuer certains travaux. Mais je me rendis compte que la perte de son emploi serait terrible pour l’un de mes collègues, dont la femme venait également d’être licenciée. Pour être cohérent avec mes idées de partage, et d’accord avec mon épouse, je lui proposai de lui apprendre les compétences qui lui manquaient, afin que ce soit lui qui puisse conserver son poste. Ma proposition le surprit mais il accepta et le patron fut d’accord également. Peu après je trouvai un autre travail et grâce aux indemnités de licenciement, nous avons même pu acheter une vieille maison pour notre famille. »

 

 

Une spiritualité qui inspire un système économique

D’autres expériences ont complété cette présentation de l’Economie de Communion : celle des microcrédits de la banque Kabayan, aux Philippines, celle de l’entreprise Sprimoglass de Belgique, et celles d’entrepreneurs italiens et suisses. Dans le débat qui a suivi, l’honnêteté qui était demandée et la fraternité ont été soulignées. Ces témoignages ont permis de montrer qu’une spiritualité, promotrice de valeurs, pouvait engendrer un système économique efficace. Et quelqu’un faisait remarquer que bien souvent on parle des droits, sans s’occuper des valeurs parallèles à ces droits. En plus de dégager des bénéfices au profit de ceux qui en ont besoin, l’Economie de Communion transforme l’ambiance du milieu de travail et engendre la communion entre les personnes.
Ainsi cette présentation, qui a duré trois heures pour environ 80 personnes extrêmement qualifiées dans ce domaine, a suscité un grand intérêt. Le lendemain La Tribune de Genève, un des principaux quotidiens suisses, titrait : « L’Economie de Communion a fait son entrée à l’ONU ».

Alberto FERRUCCI